Projet de Budget

Projet de Budget

Général (2s) Robert Carmona
3 novembre 2016

Dans un contexte de menace terroriste élevée et de forte intensité de l'engagement des armées françaises hors des frontières nationales, (Opex), le ministère de la Défense verra ses crédits augmenter en 2017.

Hors pensions, le budget s'établira à 32,7 milliards d'euros, soit 600 millions de plus que prévu par la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 actualisée (et même 1,12 milliard de plus que la LPM votée en début de quinquennat dans un contexte différent).

En tenant compte des pensions, le budget Défense de la France représentera 1,77% du PIB en 2017. L'objectif est de le porter à 2% d'ici à 2025.

Autre motif de satisfaction pour les armées, la «déflation» des effectifs a reçu un coup d'arrêt. L'État a renoncé aux 2 600 suppressions de postes prévus et va au contraire recruter. Au total, les armées afficheront en effet un solde positif de quelque 400 postes nets en 2017.

Ces hausses de budget et d'effectifs «découlent de la décision du Président de la République de donner davantage de moyens à la Défense au lendemain des attentats de novembre 2015 en France».

 

Les opérations extérieures ont coûté plus d'un milliard d'euros en 2016

Le coût de ces opérations militaires reste quasiment le même que celui de l'année dernière. Cette facture est chaque année largement sous-estimée dans le budget français.

Mali, Sahel ou encore Syrie, la France est présente sur de nombreux fronts, et cela revient cher. Les opérations extérieures (Opex) ont ainsi coûté entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros en 2016, soit un niveau quasiment équivalent à celui de l'année précédente. Depuis 2011, et le début de l'intervention militaire en Libye, le coût de ces opérations n'a cessé de dépasser le milliard d'euros. Il est, pourtant, chaque année largement sous-estimé dans le budget de la Défense française.

En 2014, le budget prévoyait 450 millions d'euros dédiés aux Opex, contre les 1,12 milliard réellement dépensés. Soit un dépassement de 665 millions d'euros réglé grâce à un «financement interministériel», précisait Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Même constat l'année suivante, avec cette fois-ci encore, une dotation prévisionnelle de 450 millions d'euros et 1,12 milliard d'euros de coûts réels.

 

La dotation des Opex encore fixée à 450 millions d'euros en 2017

S'il est parfois difficile de prévoir certaines opérations, sous-estimer le coût des Opex est en réalité une vieille technique française pour diminuer la prévision de déficit lors de la présentation du budget à l'automne. En 2015 déjà, la Cour des comptes déplorait cette mauvaise habitude. Le surcoût des Opex «est systématiquement sous-évalué», dénonçait-elle dans son rapport budgétaire, insistant sur le fait que sa prévision devait être améliorée.

Cette dérive , si elle ne change en rien l'implication des troupes sur des terrains extérieurs, pourrait en effet « impacter » les moyens des militaires

Alors que la France fait face à de nombreuses menaces terroristes, le ministère de la Défense a annoncé en septembre dernier l'augmentation de 600 millions d'euros du budget de la Défense en 2017, qui atteindra alors 32,7 milliards d'euros. Malgré ces efforts, la dotation prévisionnelle des Opex reste fixée à 450 millions d'euros dans le plan de finances 2017, un «montant cohérent avec les contrats opérationnels et les priorités stratégiques établies dans le Livre blanc, note le document. Le financement des éventuels surcoûts non couverts par cette dotation initiale est garanti par la clause de sauvegarde de la loi de programmation militaire (LPM), qui prévoit un financement interministériel préservant ainsi les crédits d'équipement du ministère», précise toutefois le plan de finances.

Autre motif de satisfaction pour la Défense, la «déflation» des effectifs a reçu un coup d'arrêt. L'État a en effet renoncé aux 2 600 suppressions de postes prévus et va au contraire recruter.

Au total, les armées afficheront un solde positif de quelque 400 postes nets en 2017.

 

Hausse des indemnités des soldats de l'opération Sentinelle

À cela s'ajoutent des économies réalisées pour 350 millions d'euros. Il s'agit de «gains d'indices» liés notamment à l'impact positif de la revalorisation du dollar par rapport à l'euro ainsi qu'une économie de 50 millions réalisée sur le poste carburant des armées, liée à la forte baisse du baril de pétrole. Au total, les crédits supplémentaires représentent un total de 775 millions d'euros. La Défense en a bien besoin pour rémunérer et indemniser les soldats de l'Armée de terre engagés dans l'opération Sentinelle en France, les forces projetées sur les théâtres d'opérations extérieurs, les 2600 militaires ou personnel civil qui ne quitteront pas l'armée et équiper et loger les nouvelles recrues.

Au total, la hausse des dépenses liées aux effectifs va ainsi augmenter de 216 millions d'euros l'année prochaine. Il est prévu que les indemnités versées aux 7000 à 10 000 soldats de l'opération Sentinelle notamment augmentent pour un total de 90 millions. Ces militaires recevront une prime exceptionnelle au-delà du 150ème jour d'éloignement de leur famille, de 10 à 85 euros par jour, en fonction de la durée de leur absence. Le ministère relève que certains - et ils sont nombreux - sont en opération plus de 220 jours par an.

 

EQUIPEMENT

En 2017, Jean-Yves Le Drian poursuivra le rééquipement des armées françaises. Ces crédits augmentent à 17,3 milliards d'euros. Parmi les nouveaux matériels attendus par les armées: 15 hélicoptères de combat Tigre et de transport NH 90, 3 avions de transport A400M, 1 Frégate Multimissions ainsi que les 12 000 premiers fusils d'assaut allemandsHK 416. Les stocks de munitions -fortement entamés par l'opération Chammal de lutte contre l'État Islamique en Irak- vont être regonflés (80 millions d'euros supplémentaires ont été budgétés pour ce poste).

 

Robert Carmona

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