Le mot du Président

Général Jean-Pierre Meyer

Le mot du Président

Dans cette année du bicentenaire nous devions participer à l’effort de mémoire national. L’artillerie a été incontournable au cours de la première guerre mondiale du début jusqu’à la fin : Il n’y a pas eu un seul assaut sans préparation d’artillerie et les pertes humaines ont été pour beaucoup le fait des obus ennemis. En outre, le nombre de canons a été multiplié par 100 entre 1914 et 1918 dans les deux camps et le nombre d’obus tirés dépasse l’imagination.

La bataille de la Somme méritait donc d’être largement évoquée dans ce numéro, à la mémoire de nos poilus artilleurs ou non qui ont été des héros, on ne le dira jamais assez.

Le présent nous interpelle aussi. Le contexte sécuritaire de la France de plus en plus sombre, le budget de la défense en diminution, les restructurations décidées entrainant la fermeture de nombreuses unités dans les trois armées alors que nos forces sont engagées sur trois fronts. Cette situation fait l’objet de nombreux articles de presse ce qui laisserait entendre que l’opinion n’est pas indifférente aux questions de sécurité et de défense. Pour notre part, nous avons choisi de reprendre les propos tenus sur ces sujets par le chef d’état-major des armées lors de ses différentes auditions.

Cette situation générale préoccupante, l’est tout autant pour notre artillerie alors qu’il vient d’être décidé de dissoudre un nouveau régiment. Les appuis seraient-ils trop nombreux et les systèmes en dotation inadaptés aux engagements actuels ?

Ces questions nous ont contraints à ouvrir, à partir de ce numéro, une rubrique intitulée « valorisation de l’artillerie et des artilleurs ».

Elle est destinée à tous les artilleurs pour diffuser les éléments de langage qui montrent que nos artilleries, sol/sol, sol/air, de renseignement et de coordination ont bien leurs places dans les forces. Cette diffusion concerne aussi nos dirigeants surtout politiques qui ont une part importante de responsabilité dans le vote des budgets.

C’est à travers les retours d’expérience des engagements récents mais aussi des engagements dans un passé récent que nous pouvons mettre en exergue la valeur de nos systèmes, tout en les plaçant dans une prospective dont l’industriel connait les contours.

Les artilleurs aussi méritent toute notre attention, eux qui par leurs qualités foncières, leur formation et leur expérience opérationnelle doivent être reconnus et tenir les emplois de responsabilité, notamment de haut niveau. Les artilleurs exemplaires du passé seront cités en exemple mais aussi ceux qui se sont distingués plus récemment.

Cette action de valorisation, importante pour la longévité de notre arme, ne pourra pas se faire en comité restreint. Elle doit être l’affaire de tous, quelle que soit la contribution, car l’artillerie, nos artilleries, le méritent bien.

En cette fin d’année placée sous le signe de la morosité, je souhaite à toutes et à tous de bonnes fêtes et par avance une excellente année 2015. Je formulerai l’espoir que le monde en général et la France en particulier se ressaisissent pour enfin trouver les solutions de sortie de cette léthargie devant les menaces économiques et géopolitiques qui pèsent sur nous.

Que 2015 soit l’année de l’action, du renouveau pour enfin « aller de l’avant ».

Jean-Pierre Meyer
Général (2s) et Président de la FNA