La Task Force WAGRAM

La Task Force WAGRAM

Général (2s) Robert Carmona
3 novembre 2016

Des canons Caesar à pleine cadence au sud de Mossoul : french boots on the iraqi ground

Il devient compliqué (absurde ?), au niveau politique, d'éluder la question des troupes françaises au sol en Irak. A moins qu'ils n'œuvrent en tongs, il y a des french boots on the f*** iraqi ground. Après 150 forces spéciales au départ d'Erbil (TF Montsabert) et 250 formateurs à Bagdad (TF Narvik), un Groupe d'artillerie formé d'au moins quatre canons automoteurs Caesar (canon de 155 mm sur camion) " a atteint sa pleine capacité opérationnelle ", comme le rapporte pour la première fois l'état-major cette semaine.

Une inquiétude constitutionnelle surgit aussitôt, peu abordée pour le moment. Selon l'article 35 modifié en 2008, le Parlement doit être informé de toute opération extérieure et procéder à un débat sans vote. En l'espèce, il ne s'agit pas d'une nouvelle Opex (Chammal est autorisée et prolongée) mais d'une modification substantielle du " contrat ". Au-delà de quatre mois, le gouvernement doit soumettre la prolongation de l'opération à l'agrément du Parlement.

La Task Force Wagram réunit 150 soldats français, artilleurs et leur environnement (commandement, transmissions, protection, génie, soutien, maintenance). Ils ont mené 22 missions de tir durant cette première semaine d'octobre, après des premiers coups tirés dans les dix derniers jours de septembre. La Task Force Wagram œuvre en appui-feu des forces de sécurité irakiennes, parties à la reconquête de Mossoul, occupée par l'Etat islamique.

La TF Wagram est basé sur la base Q-West, le camp militaire de Qayyarah (pas une info sensible, il est sur Google Maps), à 77 km au sud de Mossoul, 130 km à l'ouest de forces kurdes à Erbil et à 350 km au nord de Bagdad. Rappelons que la portée de tir des Caesar se situe entre 4,5 km et 40 km et qu'il est capable d'enchaîner six coups par minute (18 coups embarqués).

Cette semaine, la TF Wagram a concentré son action sur la défense de la base avancée de la coalition et l’appui aux FSI dans la région de Qayyarah : 15 missions visant à entraver la liberté de manœuvre de l’ennemi (on donne l'exemple d'une séquence de tirs pour empêcher la mise en batterie de pièces d’appui de Daech), 6 missions de tirs d’obus éclairants pour favoriser les détections par les FSI et gêner les tentatives d’infiltration, 1 mission de destruction de position ennemie (tir de contre-batterie contre un emplacement de mortier de Daech).

 

La Voix du Nord

 

 

Irak : Les canons français ont déjà fait feu à trois reprises 

L’État-major des armées a confirmé, le 29 septembre, quelques informations concernant le déploiement d’un groupe tactique d’artillerie en Irak, dans le cadre de l’opération Chammal et donc, de la coalition anti-État islamique (EI ou Daesh) dirigée par les États-Unis. 

Ainsi, ce détachement de l’Armée de terre compte « environ 150 soldats » qui mettent en œuvre 4 Caesar (Camion équipé d’un système d’artillerie) depuis la base de Qayyarah, située au sud de Mossoul. Ce GTA a été appelé « Task Force Wagram » en référence à la victoire remportée par l’armée française, conduite par Napoléon Ie, en juillet 1809.

Quand la décision de déployer ces « moyens d’artillerie » a été annoncée par l’Élysée en juillet, il avait été dit qu’il ne s’agissait « pas de changer la nature de notre intervention ». Et le président Hollande d’ajouter : « Nous avons des conseils à donner, des formations à livrer, mais ce n’est pas nos soldats qui font la guerre au sol en Syrie et en Irak. »

Or, l’EMA précise que la TF Wagram comprend « les équipes nécessaire s» à la mise en œuvre des Caesar et « des éléments de commandement » ainsi que de « soutien pour réaliser la maintenance et fournir les moyens de communication », sans oublier l’appui sanitaire.

Ces canons Caesar font « partie du volet ‘appui’ de la coalition » et fournissent une « capacité à produire des effets tactiques au sein d’une manœuvre de la coalition, en complément des autres unités d’appui déployées », explique l’EMA.

À peine arrivés à Qayyarah, les artilleurs français n’ont pas tardé à faire parler la poudre puisque depuis le 20 septembre, ils ont effectué « 3 séquences de tirs limités, coordonnés au sein de la coalition et en appui d’actions irakiennes au sol ». Étant donné la portée du canon de 155 mm qui équipe les Caesar, cela indique que les jihadistes visés se trouvaient à moins de 40 km de la TF Wagram.

La coordination évoquée par l’EMA est aussi liée aux contraintes de la « 3e dimension », sachant que la flèche pour un tir vertical à longue portée peut atteindre près de 20.000 mètres…. Et le ciel est particulièrement encombré dans le nord de l’Irak.

Justement, l’activité des Rafale engagés par l’Armée de l’air dans l’opération Chammal ont connu une activité légèrement moins intense ces derniers jours, avec 32 sorties qui ont donné lieu à la destruction de 4 positions de l’EI (contre 10 pour 38 sorties la semaine précédente.

 

Zone militaire

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